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| Un
informaticien de la société Gostai fait une démonstration avec un robot
programmé, le 20 avril 2007 à Paris (Photo : Stéphane de Sakutin) |
[20/04/2007 16:46:06] PARIS (AFP)
Quelques jeunes informaticiens français ont développé un logiciel pour
programmer les robots domestiques, si simple d'utilisation qu'ils le
voient capable de s'imposer au niveau mondial sur un marché susceptible
d'exploser dans les toutes prochaines années.
"Ce
que nous voulons faire, c'est ce qu'a réussi Microsoft avec son
logiciel Windows dans l'informatique personnelle", souligne
Jean-Christophe Baillie, le fondateur de la société Gostai, lors d'un
entretien avec l'AFP.
La perspective de voir un
jour un robot vous servir un verre d'eau ou surveiller votre maison
peut paraître lointaine, mais elle est prise très au sérieux dans des
pays comme le Japon, où le vieillissement de la population est déjà une
réalité tangible. La Corée du Sud a annoncé des plus officiellement sa
volonté de faire entrer des robots dans ses foyers dès 2010.
Baptisé
Urbi, le logiciel de Gostai fonctionne pour tous les robots, sous tous
les systèmes d'exploitation, quel que soit le langage de programmation.
Il est modulable, puissant et simple à utiliser. "Il permet de
contrôler tout aussi bien un jouet à 200 euros qu'un robot humanoïde à
400.000 euros".
Gostai en fournit une version
gratuite, téléchargeable, permettant de programmer les robots du
fabricant danois de jouets Lego. "Cela nous permet de créer un +buzz+
(rumeur positive) et de structurer une communauté de fans".
"Dans
les salons spécialisés, vous avez des gamins de douze ans qui, au bout
de 10 minutes, vous disent +pousse-toi de là+ et commencent à
programmer", assure M. Baillie. Mais c'est le même logiciel qui a été
vendu à 25 universités dans le monde pour mener leurs recherches
avancées en robotique.
Sur ce marché, Gostai ne
connaît qu'un concurrent, mais quel concurrent: Microsoft. "C'est un
peu le combat du pot de terre contre le pot de fer, mais dans cette
lutte nous ne sommes pas sans arguments", affirme M. Baillie, en
référence aux réticences de nombre d'informaticiens face au géant
américain.
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| Les
informations de la société Gostai et des robots programmés par leurs
soins, le 20 avril 2007 à Paris (Photo : Stéphane de Sakutin) |
Car sur ce marché, comme sur d'autres, Microsoft veut imposer son
logiciel Windows, alors que les programmeurs de systèmes embarqués
travaillent le plus souvent sur Linux. Et son logiciel est jugé souvent
lourd et compliqué.
"Cet Aibo, lui, a été
programmé en un week-end", affirme en démonstration M. Baillie, en
montrant de la main un des chiens-robots de Sony s'agiter au rythme
d'une musique de Daft Punk. Le code pour que l'automate suive de la
tête une balle que l'on agite devant lui tient en trois lignes, fait-il
aussi valoir.
Le logiciel Microsoft, "c'est
puissant, c'est vrai, mais il faut être ingénieur pour le faire
fonctionner", critique le jeune enseignant-chercheur.
Créée
il y a douze mois par M. Baillie, un ancien de Polytechnique tout juste
âgé de 32 ans, Gostai est encore une toute petite société, employant 8
personnes (pas toutes à temps complet) et hébergée par le site parisien
de l'Ecole nationale supérieure de Techniques avancées (Ensta).
Le
défi est maintenant de lever les fonds nécessaires à sa croissance. "On
a besoin de grossir très vite, car nous avons des ambitions
importantes: qu'il y ait Urbi dans tous les robots. Quand une
plate-forme aura émergé, les gens vont commencer à développer des
applications et le phénomène va s'auto-entretenir".
Reste
à convaincre les sociétés de capital-risque de la nature stratégique
d'un tel investissement. "Notre dossier n'est pas facile. Nous avons un
produit attirant, mais les investisseurs se posent des questions sur la
concurrence de Microsoft et sur la durée de leur présence au capital",
reconnaît M. Baillie. |